Josep Pallach (1920-1977) , né à Figueras, a enseigné au Lycée-pilote de Montgeron de 1954 à 1970. Les collègues enseignants qui l’ont fréquanté avaient bien remarqué la réserve et la discrétion apparente de ec professeur d’origine catalane, exilé en France depuis 1939 au lendemain de la Guerre d’Espagne.

Il avait été également chargé de la bibliothèque générale de notre établissement. Il ne s’était quelque peu révélé à eux qu’à l’occasion de la crise de mai 1968, mais efficacement, par la qualité et la finesse de ses conseils prodigués dans le domaine politique. Les élèves d’espagnol avaient apprécié son enseignement amical, vivant, cultivé et exigeant. Il rentrera au pays ensuite.

La fondation Josep Pallach entend commémorer le centenaire de sa naissance. C’est pourquoi Mesdames Marta Ros et Irena Rigau, la première ancienne universitaire, la seconde importante responsable politique, qui furent proches de Josep Pallach, ont rencontré les 7 et 8 octobre la Société d’Histoire Locale de Montgeron, dans l’intention de compléter leur information à la fois sur notre lycée et sur ses méthodes d’enseignement, ainsi que sur l’exil montgeronnais de ce pédagogue, auquel elles doivent tant.

En effet, Josep Pallach, qui aussi bien à l’Université de Montpellier qu’à la Sorbonne et à Barcelone, s’était doté d’une solide et riche formation (philosophie, psychologie, pédagogie, arts), devenu professeur à l’Université autonome de Barcelone, évoquait devant ses assistantes et ses étudiantes son admiration pour « les classes nouvelles » du lycée de Montgeron. Il entendait par son enseignement théorique, par son expérience personnelle, comme par le livre, les diffuser en Catalogne. Pour lui, la « catalanisation » de la formation des jeuines passait par ces méthodes. Et il a fait de ses dames, ses assistantes et ses amies, des converties. Ce projet ne pouvait se réaliser que par une véritable volonté politique.

Josep Pallach en avait les moyens. Il avait payé de sa personne lors de la Guerre Civile, dans la Résistance française, lors de ses rencontres secrètes dans l’Espagne de Franco, avec ses amis politiques. Ce qui lui a valu 14 mois d’enfermement dans des prisons peu sympathiques. Il avait connu, avec une rage contenue, trente années d’exil.

Militant très jeune, dès l’avant-guerre, il avait rejoint les rangs du mouvement socialiste, alors puissant dans son pays. Par la suite, il poursuit à ses risques et périls, sans relâche, une action qui le conduira à participer activement à la restauration de la Généralité de Catalogne, et en 1975, à son élection au Secrétariat Général des Forces politiques de Catalogne, le parti dominant.

A 56 ans, victime d’une crise cardiaque, il disparait prématurément. C’était non seulement un pédagogue de renom, mais aussi un homme politique engagé au service de sa province natale. Il fut le meilleur représentant du socialisme réformiste catalan, dans le cadre d’une nation regroupée au sein d’un fédéralisme espagnol. Il est inhumé au cimetière du village d’Esclanya.

La fondation Josep Pallach entend entretenir la mèmoire de cet homme éminent. Nous sommes fiers de l’avoir quelque peu aidée.

Michel Chancelier.