Ashley, une jeune américaine en pélerinage à Montgeron

 

Souvenons-nous ! Le 8 février 1945, un avion militaire américain s’écrasait en forêt de Sénart au retour d’une mission capitale sur le Rhin, au moment où les armées alliées allaient envahir l’Allemagne et vaincre le nazisme. Alors que le lieutenant George H. Steed qui le pilotait fut tué sur le coup, son sergent mitrailleur Carl E. Tranchina, bien que grièvement blessé, devait guérir. Il vécut par la suite à Hudson en Floride ; il est décédé de mort naturelle en 1994 et est actuellement inhumé dans le cimetière militaire de cet Etat (Florida National Cemetery).

Trois-quarts de siècle plus tard, nous avons eu l’heureuse surprise et le grand bonheur de recevoir sa petite-fille Ashley.  En séjour en France, elle est donc venue jusqu’à Montgeron, sur les traces de Carl E. Tranchina, son grand-père, héros de la Seconde Guerre. Cette jeune Américaine, au teint clair, simple et chaleureuse comme le sont ses compatriotes, a bien voulu accepter, émue, de suivre avec nous le programme que la Société d’histoire s’était fixé.  Madame le Maire, Monsieur Leroy son adjoint, Madame Mucel, conseillère municipale, les sociétés patriotiques figuraient au premier rang d’une nombreuse  assistance.

La première étape fut la salle d’histoire locale du musée municipal, où devant la vitrine qui illustrait le tragique crash, Ashley Tranchina ( ?) eut la gentillesse de nous offrir les beaux clichés, qui nous représentaient son aïeul, tel qu’il fut, en 1945. Grande satisfaction pour nous de découvrir un visage que nous ne connaissions pas et de réaliser que nos libérateurs étaient de bien jeunes gens, heureux de vivre et bien bâtis.

Après quelques allocutions de circonstance, un détour par le parc et des rafraîchissements bienvenus, vu la chaleur, nous nous sommes dirigés vers la rotonde militaire du cimetière. Nous nous sommes inclinés devant la plaque commémorative, apposée en 2017 qui rappelait le sacrifice des deux soldats. Geste patriotique, la jeune Ashley a planté sur la pelouse quelques petits
drapeaux américains.

La troisième et dernière étape nous conduisit, nous étions encore nombreux, en forêt, au carrefour des Vallées, où sous les chênes centenaires, se place le lieu de l’impact, toujours marqué par la présence d’un monument improvisé et quelque peu détérioré, témoignage malgré tout d’une véritable reconnaissance populaire. Après l’offre de quelques ouvrages d’histoire locale au carrefour de Montgeron, Ashley nous a quittés. Elle devait reprendre bien vite la direction de New-York, près de laquelle elle réside.

Nous remercions Jérôme Leblanc, qui a su maintenir et nouer les contacts, puis organiser avec nous ces retrouvailles. Ainsi que Jean-Louis Robin, qui, souffrant, n’avait pu se joindre à nous : sans le travail intelligent et obstiné de recherche que ce spécialiste avait effectué auprès des autorités américaines,  rien n’aurait pu se faire. La Société d’Histoire est, quant à elle, très fière de cet heureux accomplissement. 

Michel Chancelier                                                             Août 2019